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Rester sur ses gardes [PV. Kira]
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MessageSujet: Rester sur ses gardes [PV. Kira]   Jeu 28 Juil - 13:12
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Il serrait, encore et encore, toujours plus fort. Elle se débattait, s’accrochait péniblement à la vie ; la cible ne voulait pas se laisser faire et pourtant, elle y était contrainte de force. Elle perdait petit à petit cette flamme qui vivait dans ses yeux. Sa respiration se faisait plus lente, ses cris n’étaient plus qu’un léger murmure dans les ténèbres et ses gestes brusques devenaient moins violents, moins passionnés. L’assaillant, quant à lui, ne chômait pas. La pression qu’il exerçait entre ses deux mains ne descendait pas. Celles-ci étaient délicatement posées sur la gorge de la cible et attendaient que la moindre trace de vie s’efface. Le temps s’écoulait lentement. Finalement, la victime mourut.

Le cadavre d’un homme était allongé dans de nombreux sacs poubelles. Devant lui, un de ses semblables, vêtu de noir le contemplait. Aucune émotion ne se lisait sur son visage ; il était indifférent. Il s’agissait bel et bien de Vali von Einzbern, un tueur à gage indépendant, travaillant pour de nombreux particuliers. Ancien membre du gouvernement, il avait finalement décidé de le quitter pour devenir un mage solitaire. C’était dans la grande ville de Sybak qu’il venait d’être envoyé, dans le but d’assassiner un autre assassin. La différence entre les deux était évidente ; Vali tuait pour un idéal, un rêve noble tandis que le cadavre ôtait des vies sans aucun but, seulement le plaisir. « Une pourriture de moins sur la Terre. », songea le magicien. Sortant une gourde de son imperméable, il en déversa le contenu sur la victime, puis jeta une allumette. Aussitôt, les flammes jaillirent et Vali tourna le dos à la scène, sans aucun remord.  

Sybak, une ville lugubre et sombre. Le tueur à gage n’aimait pas ce genre de cité. En effet, son caractère l’amenait à apprécier la campagne ou les lieux assez chics comme Crocus. Pourtant, sa profession le forçait à se rendre aux endroits plus les plus désagréables, comme les plus dangereux. Au final, Vali n’en avait rien à faire, cela l’importait peu. Son désir de paix et de justice pourrait le faire remuer ciel et terre s’il le fallait.

La ruelle était loin derrière-lui, illuminée par les flammes ardentes. A présent, l’assassin avait rejoint une rue plus agréable et fréquentée. Une allée, située sur un pont, entourée de boutiques et bondée d’hommes d’affaires et de touristes. Vali se mêlait à la population, restant le plus discret possible. Il ne voulait pas se faire remarquer ; tuer des gens n’était pas légal, même dans le cadre d’un but aussi noble. Le tueur à gage avait déjà échappé plusieurs fois aux autorités, mais c’était difficile de se débarrer d’eux. C’est ainsi qu’il tuait généralement dans les lieux peu fréquentés et qu’il faisait disparaître les cadavres. Cependant, quelque chose le tracassait. Une puissante aura magique l’intriguait. Depuis tout à l’heure, il la sentait, se rapprochant peu à peu. Qui était-ce ? Un autre magicien ? Il n’y avait pas de guildes dans cette région, il y avait donc peu de chances qu’il s’agisse d’un mage de guilde officielle. « Un solitaire ? Un mage noir ? » se demanda Vali. Il devait rester sur ses gardes, à l’affut du moindre geste suspect. Ce ne serait pas la première fois qu’on veuille le tuer.

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MessageSujet: Re: Rester sur ses gardes [PV. Kira]   Lun 1 Aoû - 15:46


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Feat Vali von Einzbern

Quelques feux, sanglants, à l’horizon. Une explosion de couleurs pâles et incertaines dans le ciel nocturne de la reine lunaire. Se battant pour conserver son royaume de ténèbres, l’astre argenté continuait d’étinceler, entouré de ses filles les étoiles, s’éteignant peu à peu sous les feux du roi solaire. Et, malgré l’arrivée de la lumière sur le Terre, la reine nocturne continuait à répandre les ombres de son royaume sur le monde, le plongeant dans une sorte d’obscurité, une pénombre où la seul bougie, le seul guide dans cette nuit mourante était la lueur de l’astre de feu, prêt à renaître après une nuit de ténèbres.

Un petit vent frais soufflait dans l’air, faisant frémir les quelques herbes poussant sur cette terre infertile. Et, non loin, se dressait, fière, l’impressionnante ville, aux bâtiments semblables à d’immenses tours, se tendaient dans l’espoir d’atteindre un jour le ciel promis, cherchant à détrôner le couple royal qui régnait nuit et jour, se disputant la voûte céleste à l’aube et au crépuscule, sans cesse. Jusqu’à ce que l’un d’entre eux meure. Et que tout se finisse.

A moitié dans la pénombre, mais légèrement éclairée des feux du soleil naissant, la cité semblait presque irréelle. Elle était de loin la ville la plus étrange de Fiore, avec la configuration étrange des rues et la myriade de ponts qui servaient à relier les immenses bâtiments entre eux. Néanmoins, elle n’en était pas moins fière, malgré ses airs de forteresse ténébreuse, plongée dans les ombres mourantes de la nuit.

Elle n’avait jamais rien vu de tel de toute sa vie. Le comble de la technologie s’offrait à elle, alors qu’elle avait toujours vécu dans un sanctuaire, simple sans être dénué de majesté. Le cadre traditionnel de son foyer contrastait furieusement avec l’immense cité qui s’offrait à sa vue.

Elle poussa un soupir, là, au milieu de cette terre dénuée de fertilité, éclairée par les lueurs de l’aube, étincelant de rouge et de rose. A côté d’elle, la créature la plus fière, la plus majestueuse, la plus sublime qui ait jamais existé se tenait, portant les vivres et d’autres outils indispensables au voyage. Ses cheveux blonds luisant de rouge, les oreilles dressées sur le crâne, la queue tigrée volant au vent. Et son regard, son regard ambré, son regard félin, animal. Bestial. Son regard posé sur la ville qui s’étendait devant lui. Émerveillé, s’il avait été en mesure de ressentir de telles choses. Au lieu de ça, il se tenait là, fidèlement à côté de la jeune fille qui lui tenait lieu de maître, à l’affût de la moindre menace, de la moindre réaction, du moindre ordre émanant d’elle. Le parfait familier. Le serviteur dont tous rêveraient. Le parfait pion, dénué d’émotions, n’ayant que pour seul désir, pour seul ambition de défendre son maître, sans jamais discuter de ses ordres. Sans jamais se poser la question de savoir si ce qu’il faisait était bien, ou était mal.

La jeune fille le regarda, un bref instant. Ses longs cheveux aux couleurs de la nuit valsaient avec légèreté dans la brise matinale. Et son sourire, lui, paraissait encore plus beau que lever du jour, alors qu’elle souriait à son familier, qui ne put le lui rendre, incapable de ressentir assez de gratitude ou de bonheur pour arborer de tels artifices.

Entrer dans la ville avec un homme-bête n’était pas la meilleure du monde, surtout lorsqu’on portait une épée à la hanche. Encore plus lorsque l’arme se révélait être un artefact d’une grande puissance, qui ne devait sous aucun prétexte être utilisé pour sa magie, et qui ne devait jamais tomber entre de mauvaises mains. Et, en tant que gardienne de cet artefact, elle avait juré de le protéger. De l’emmener dans cet endroit lointain, inconnu et incertain, où il pourrait être scellé et ainsi être préservé de la cupidité des Hommes cherchant toujours plus de pouvoir.

Elle tendit le bras, et, sans discuter, connaissant déjà les désirs de sa maîtresse avant même qu’elle ne les formule, il lui donna les sacs. C’était certes un peu lourd à porter pour elle, qui était frêle physiquement, mais elle ne pouvait pas le laisser déambuler ainsi en ville. Puis, concentrant son énergie dans son catalyseur, elle dissipa son invocation, et l’esprit s’évanouit dans l’air, comme s’il n’avait jamais existé. Et, satisfaite, elle entreprit de pénétrer dans la cité gigantesque qui s’offrait à elle. Oppressante. Intimidante.

Les rues étaient en effet plus lugubres qu’elles n’y paraissaient vues de l’extérieur, uniformes, faites d’acier et de pierre froids, beige rappelant le gris de la poussière à l’ombre de la nuit. Uniquement éclairées par d’étranges globes lumineux, la ville semblait beaucoup moins accueillante que vue du lointain, et beaucoup moins sécurisante que le foyer dans lequel la jeune femme avait toujours vécu.

C’était après être partie en voyage pour sceller un des artefacts les plus dangereux jamais créés qu’elle se rendait compte à quel point le sanctuaire lui manquait. Pas seulement le bâtiment, qui avait entre ses murs portés nombre de ses souvenirs, mais aussi de tous les esprits qui y avaient résidés. Les moins qui avaient échoué à trouver le sceau de l’épée, les esprits errant, ceux qu’elle avait aidé, ceux qui lui avaient accordé leur confiance. Tout cela, ce quotidien calme, où elle apprenait encore la magie, cela lui manquait. Mais elle ne pouvait se dérober à son devoir. Et, quand tout ceci serait terminé, elle retournerait au sanctuaire. Elle y finirait sa vie paisiblement, entourée de tous les esprits qui avaient veillé sur elle. Si seulement…

Elle sursauta, brusquement, tandis qu’une étrange boule de lumière, spectrale, immatérielle et transparente passait en trombe devant elle, tournoyant furieusement. Effrayée. Illuminée d’un bleu glacial, respirant une peur intense, l’âme semblait presque perdue, errant sans plus jamais pouvoir toucher les choses du monde matériel, dans cette crainte de celui qui vient juste de mourir. Elle tendit doucement une main vers l’esprit, pour l’apaiser. Seulement, effarée, dans l’incompréhension, elle s’enfuit, ondulant dans des lueurs de blanc et de bleu qu’elle était la seule à pouvoir percevoir. Et, tandis que le spectre s’effaçait dans l’horizon, elle soupira, chagrinée, et emprunta la ruelle d’où venait le fantôme, intriguée par ces événements soudains.

Si les rues ne lui semblaient pas très accueillantes, les ruelles, elles, inspiraient la peur. Du moins, celle-ci, avec le grand feu qui y brûlait, terrifiant. Les flammes aspiraient les ténèbres effrayantes qui se tapissaient dans ces recoins oubliés de la ville, dévorant la nuit en crépitant de rage, telles des ogres barbares. Une vision qui ne l’enchanta guère. Le feu arrachait des vies. Et, par le fait de le vénérer, on y risquait également sa peau. Comme lorsque le soleil était vénéré chez les partisans de la lune, et que cela entraînait l’intolérance, et la souffrance de la minorité. Sauf que le feu, ici, était plus vicieux, et arrachait lui-même la vie de tous les imprudents qui osaient l’approcher.

Et, au centre de ce monstre avide de destruction, un corps. Le corps de quelqu’un qui avait souffert. Qui avait eu peur. Qui avait crié, dans les ténèbres, sans jamais qu’on ne vienne à lui. Oublié. Âme en peine, puis âme désirant la vengeance pour cet abandon injuste. Peinée de toute cette violence, la jeune fille ne put que soupirer en se rendant compte qu’elle connaissait déjà le parcours de ce pauvre spectre errant, seul dans le noir, effrayé par cette soudaine solitude, oppressante et froide.

Elle passa à côté du corps en feu, murmurant une brève prière aux esprits divins pour préserver l’âme du malheureux de la colère et du vice. Et, ne pouvant plus rien pour lui, elle le dépassa sans lui accorder un regard, sa vue lui inspirant un profond sentiment de chagrin et d’impuissance. Le monde était terrible. Il était son devoir, son rôle, de rassurer les esprits et de leur accorder le salut et la paix. Mais qui était là pour les vivants ? Les Hommes ne pensaient qu’à eux-mêmes, se souciant peu de se faire souffrir les uns les autres, de s’entre-déchirer. Alors, elle ferait de son mieux pour apaiser les vivants aussi, même si elle savait cette tâche proche de la chimère, utopie impossible à atteindre. La paix n’était qu’une illusion, une sorte de monde parfait créé par ceux qui causaient la mort et la souffrance pour justifier une infamie pourtant injustifiable. « Pour la paix ». « Pour la fin de ce monde ».

A chaque pas qui la séparait un peu plus de la ruelle et du cadavre dévoré par les flammes, elle avait cette irrépressible envie de pleurer. Cette envie qu’ont les humains qui viennent de se rendre compte que tout en ce monde est éphémère, qui se mettent à craindre subitement qu’on vienne leur arracher leur vie, qui ont peur que tout se finisse dans un noir total, une obscurité froide, avec une suite incertaine, inexistante. Mais elle, elle ne pleurait pas, pourtant. Elle ne pleurait pas, parce qu’elle n’avait pas peur. La mort n’était que la continuité de la vie dans un monde immatériel. Toute sa vie elle avait côtoyé la mort, ainsi, elle ne l’effrayait pas. La rassurait, peut-être. Mais elle restait chagrinée par l’incompréhension, le désir incontrôlable de violence que nourrissaient les Hommes.

Elle déboucha sur une rue plus fréquentée, sortant de l’enfer pour retomber dans un tunnel froid et sombre. Elle ne se sentait pas à l’aise, ici, et surtout pas en présence d’autant de monde. Instinctivement, sa main se porta à la poignée de Yatagarasu. L’épée, d’une splendeur divine, qui pouvait tous les conduire à leur perte, si jamais quelqu’un avait la mauvaise idée de déployer son pouvoir. Elle baissa la tête, fixant le sol, pour ne pas se faire remarquer. Elle n’aimait pas vraiment être entourée d’autant de monde, d’autant plus que c’était la première fois que cela lui arrivait, et elle ne savait pas vraiment comment réagir.

Elle se contenta d’accélérer le pas, se faufilant au mieux entre les passants, tenant toujours la poignée de l’épée, pour être sûre de ne pas la perdre accidentellement. Son autre main était portée sur son éventail, son catalyseur, plus pour la rassurer qu’autre chose. Elle était diplomate avant tout et haïssait toute forme de violence. Ainsi, elle préférait régler les conflits de manière pacifique plutôt que par le combat. Cependant, se savoir protégée lui conférait un profond sentiment de sécurité.

Brusquement elle recula en arrière, comme projetée, à la façon dont on rebondit contre une surface solide que l’on vient de percuter violemment, dans l’inattention. Elle secoua un instant la tête pour retrouver ses esprits, la collision l’ayant rendue un peu confuse. Puis elle releva la tête, regardant l’homme qui se tenait là. Plus grand qu’elle, brun. Effrayant. Effrayant, était le seul mot qui lui venait à l’esprit pour le décrire. Elle épousseta ensuite ses vêtements, par simple réflexe, puisqu’elle n’était pas tombée. Puis, par instinct, sa main vint chercher la poignée de l’épée, et elle ne put retenir un soupir de soulagement en constatant qu’elle était toujours là.

Excusez-moi, fit-elle, plus soulagée qu’effrayée, toujours rassurée de sentir Yatagarasu ainsi que son catalyseur près d’elle.

Sans plus de formalités, elle le dépassa, prête à s’en aller. Elle n’avait aucune intention de rester plus longtemps ici. Elle n’aimait pas cette ville.

Si seulement. Si seulement…


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MessageSujet: Re: Rester sur ses gardes [PV. Kira]   Lun 1 Aoû - 17:04
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Trouver une issue et partir le plus vite possible. Cette idée trottait dans la tête du tueur à gage, qui avançait à présent lentement, ses sens à l’affut. Animé par l’envie de s’enfuir le plus loin possible, cette idée était confrontée à sa curiosité. Découvrir qui était cette personne était la seconde option. Une éventualité dangereuse, qui pourrait mal finir. Peut-être qu’il y aurait des morts, des blessés ? Ou peut-être que ce mage était là pour assassiner l’héritier des von Einzbern ? Tant de questions qui restaient sans réponse. Au final, la première option restait la plus raisonnable. Ne pas s’attarder dans cette ville sombre. Après tout, la curiosité n’était rien de plus qu’un vilain défaut. Vali avait accompli sa mission, sa tâche. Son devoir était maintenant de rentrer. Enfin, rentrer ? Il n’avait pas vraiment de maison ; il voyageait d’auberges en auberges. « La demeure de Rin... » songea l’assassin.

Cependant, la rue n’en finissait pas. La foule continuait d’affluer dans les deux sens de l’allée. Le bruit était insupportable et malgré les éclairages artificiels, le milieu restait ténébreux. Cette ville lugubre ne le laissait pas indifférent. Un pressentiment l’animait. Ce n’était pas de la crainte, ni même de la peur. Non, le danger pouvait arriver de toute part, n’importe où et n’importe quand. Enfin, Vali savait se défendre ; il survivrait certainement à une attaque. « Sauf si elle provient de ce type. » Observer, la seule option qu’il avait pour le moment. Sa main restait crispée sur l’étui de son arme, prêt à dégainer et à tirer. Il se retournait et regardait régulièrement à droite, puis à gauche. Sa démarche était singulière.

La source de cette grande énergie se rapprochait. Toutefois, il était difficile de la percevoir distinctement. Elle venait à lui, il ne savait pas autre chose. Une légère appréhension le côtoyait. Un sentiment qu’il s’efforçait de rejeter. Une telle émotion ne pouvait l’habiter, c’était une faiblesse. Perdu dans les stratégies et les éventualités qui traversaient son esprit, il fut rapidement ramené à la réalité. Un léger choc le perturba, bien qu’il n’y ait pas de dégât. Face à lui, une jeune fille, brune. Contrairement à lui, cette bousculade l’avait repoussée. Il n’y avait rien d’étonnant ; la force et la musculature du tueur à gage contre le corps frêle d’une fille. Ne bougeant pas d’un centimètre, il baissa cependant la tête. Aucune réaction. Il s’efforçait de rester neutre.

La jeune fille épousseta ses vêtements d’un simple et bref geste, bien qu’elle ne soit pas tombée. Bizarre. Aussitôt, sa main se posa sur ce qui ressemblait à la poignée d’une arme et le soulagement se lut sur son visage. Qu’était-ce ? Pendant un bref instant, Vali oublia l’éventualité qu’un mage veuille peut-être sa mort.

Excusez-moi, finit-elle par lâcher.

Etrangement, elle semblait pressée, elle reprit sa route le plus rapidement possible. Un nouveau pressentiment animait le jeune homme. Il devait lui parler. La source de magie n’avait jamais été aussi proche et elle semblait louche. Vali devait s’assurer qu’il ne s’agissait pas d’elle. D’un geste brusque mais ne connotant aucune violence, il se saisit de son bras. Même si c’était elle, cela ne signifiait pas qu’elle était mauvaise. Mais le contraire pouvait être vrai. Cette fillette pouvait être une menace, une ennemie potentielle. Si c’était le cas, il n’aurait pas d’autres choix que de la tuer.

Ne pars pas, je dois vérifier quelque chose avant, annonça Vali.

Son autre main serrait l’étui dans lequel son arme était entreposée, chargée. Il fallait être prudent, quitte à être un peu « brusque » dans la manière d’agir.  

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MessageSujet: Re: Rester sur ses gardes [PV. Kira]   Lun 1 Aoû - 20:30


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Feat Vali von Einzbern

Alors qu’elle s’apprêtait à repartir d’ici, à s’éloigner de cette ville oppressante et effrayante, où elle ne pouvait oublier cette vision d’horreur, ce corps dévoré par les flammes dans cette ruelle sombre, ce déluge de violence qui régnait à cet endroit, elle sentit une main attraper brusquement son bras. Le geste n’était pas violent, mais il l’avait fait sursauter.

Elle se retourna d’un geste lent, sa main toujours sur la poignée de Yatagarasu. Elle était peu confiante, en cet instant. Elle doutait de pouvoir se défendre avec tout ce monde autour d’elle, et après ce qu’elle avait vu dans la ruelle, elle doutait également de sa capacité à pouvoir régler les choses par la diplomatie. Elle ne connaissait rien ici. Et son ignorance était une faiblesse, et la mettait dans une position assez délicate.

Pourtant, à première vue, s’il semblait méfiant, le jeune homme en face d’elle n’avait pas l’air de vouloir la séquestrer quelque part ou de la tuer. Enfin, les apparences sont parfois trompeuses, et, même si elle avait envie de croire en la bonne foi des gens, elle ne pouvait pas leur faire confiance. Pas par choix, mais parce que la moindre trahison pourrait entraîner une suite de catastrophes sans nom. Parce que l’épée qu’elle portait n’était pas une simple parure, pas plus qu’une lame ordinaire.

Ne pars pas, je dois vérifier quelque chose avant, annonça-t-il.

A cet instant, elle serra si fort la poignée de son épée que ses doigts la firent souffrir. Elle sentit son sang bouillir dans ses veines, et son cœur lui hurler de s’éloigner de lui. S’il avait vu l’épée, si c’était un voleur, s’il désirait lui voler Yatagarasu… En réalité, elle avait juste envie de partir, parce que cet homme lui faisait un peu peur. Disons qu’il ne la rassurait pas vraiment. Il avait le regard de ceux qui étaient habitués à la violence. Le même regard qu’elle avait vu chez certains esprits vengeurs. La même aura effrayante, et cette flamme qui brûlait dans des yeux froids.

Elle retira son bras d’un geste brusque, n’appréciant pas vraiment les paroles du jeune homme. Même si elle l’avait voulu, à cet instant, elle n’aurait pas pu décrocher ses doigts de la poignée de l’artefact, tant ils étaient crispés dessus. Elle eut un mouvement de recul, naturel compte tenu de la situation. Sa main libre chercha instinctivement son catalyseur et elle fut soulagée de le sentir si près d’elle. S’il était possible d’arranger la situation par la diplomatie, elle le ferait. Mais même si l’idée de régler ça par la violence la répugnait, elle n’hésiterait pas. Pour protéger Yatagarasu, il n’y avait pas de place pour l’hésitation. Et ce, même si cela signifiait y laisser son innocence et se salir les mains.

Néanmoins, cette idée la fit frémir, et elle secoua la tête. Elle ne voulait pas se battre. Elle voulait croire que cet homme n’avait rien à voir avec l’épée, qu’il ne savait même pas ce qu’elle était réellement, et qu’il se fichait bien de voir une jeune fille déambuler armée dans la ville…

Qui êtes-vous ? questionna-t-elle, sa voix trahissant sa méfiance.

Elle se sentait un peu sale de douter des gens comme ça, en temps normal, si elle n’avait pas eu l’épée, elle lui aurait demandé calmement quel était le problème. Là, elle devait constamment être sur ses gardes. Prête à devoir faire face à l’adversaire, prête à devoir déjouer une quelconque machination visant à dérober l’artefact. Cela la rendait paranoïaque, à s’imaginer que chaque son qu’elle entendait, chaque personne qu’elle croisait, tout était fait pour lui voler Yatagarasu. Elle supportait assez mal la pression, en fait. Mais elle n’avait pas le choix. Elle avait fait le serment de protéger l’épée.

Elle soupira, et se détendit au maximum, pour ne pas paraître agressive. Pour parer à toutes les situations, il fallait qu’elle soit lucide, et qu’elle laisse de côté toutes les idées qui lui traversaient la tête. De même, elle ne pourrait pas résoudre la situation calmement si elle paraissait prête à attaquer. Elle l’était, certes, mais cela ne se voyait pas, à présent. Elle paraissait un peu plus sûre d’elle, aussi. Enfin, elle semblait moins paniquée, et plus maîtresse de la situation.

Que voulez-vous ? reprit-elle, plus calme.

Sa main avait un peu desserré la poignée de l’épée, au grand soulagement de ses doigts meurtris. Dans le même temps, elle ne lâchait pas son éventail, au cas-où l’homme se montrerait hostile. Elle paraissait déterminée à agir si jamais on l’attaquait, mais en même temps, semblait ne pas vouloir se battre. Et c’était le cas. Si elle pouvait éviter un combat inutile, elle le ferait.

Son regard s’aiguisa, mais pas de façon menaçante. En fait, c’était plus comme si son visage s’adoucissait. Et, au moment où personne n’aurait réagi ainsi, elle sourit. De son éternel sourire, magnifique, celui avec lequel elle apaisait les esprits, avec lequel elle appréhendait le monde. Elle souriait souvent. Même dans des situations totalement inappropriées. Il pouvait l’attaquer, la tuer, et lui voler l’épée, mais elle souriait. C’était un trait de caractère impressionnant chez elle.

Elle lui tendit la main, deuxième fait impressionnant. Elle ne devait pas se laisser aller à ses appréhensions. Elle se devait d’être elle-même, tout simplement. Ne pas cesser de veiller sur l’épée, ne pas cesser d’être vigilante, mais ne pas se perdre dans son rôle de gardienne. Apprendre à vivre avec. Et elle ne cessait de sourire.

Je peux vous aider ?

HRP:
 



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MessageSujet: Re: Rester sur ses gardes [PV. Kira]   Mar 2 Aoû - 0:22
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Pourquoi s’attardait ici ? Il aurait mieux fait de laisser partir cette inconnue et de déserter ce lieu maudit, lugubre et ténébreux. Il n’y était pas en sécurité, beaucoup de gens malhonnêtes et fous côtoyaient la grande ville. Vali von Einzbern n’y était pas le bienvenue. Nulle part d’ailleurs. Non. Il vagabondait à travers Fiore, traversant le continent de cités en cités. Malheureusement, il n’y avait pas sa place. Parfois, il songeait à tout arrêter ; abandonner cet idéal irréalisable et revenir aux côtés de sa bien-aimée. Toutefois, il ne pourrait jamais se le pardonner et finirait par mettre fin à ses jours. Personne d’autre que lui pouvait rendre possible cet avenir impossible. Tuer les pourritures de la race humaine contribuait à cette idée de paix et de justice. Du moins, c’est ce qu’il pensait. Les conflits continuaient, les morts affluaient. Un miracle. Il faudrait un miracle, une machine à souhait pour rendre le futur meilleur. Cependant, il n’y avait pas la moindre trace de son existence.

A présent, il était sûr de lui. Sûr que la source de cette magie provenait de la fillette. Sûr qu’elle cachait quelque chose. Sûr qu’il ne devait en aucun cas provoquer un combat de front. Vali devait faire preuve de prudence et de calme. Ne pas la brusquer, être doux avec elle. Un désir de la connaître l’animait. Ce n’était pas passionnel, non. Seulement professionnel. S’intéresser à cette fillette pourrait l’aider ; connaître ses ennemis ou au contraire, ses alliés. Vice-versa, cette approche pourrait être inutile, une perte de temps. Enfin, approcher les gens de temps en temps ne pouvait pas faire de mal, mais il fallait rester méfiant. Une méfiance qui devait être réciproque.

La jeune fille se retourna, lentement. Une lenteur qui pouvait être synonyme de crainte, d’appréhension ou même de peur. Quant à Vali, il ne ressentait rien, comme d’habitude, tapotant la crosse de son pistolet. La fillette et le tueur à gage avait le même réflexe, leur main crispée sur un objet capable d’annihiler l’autre. L’assassin n’avait aucun doute, il pensait pouvoir maîtriser la situation en douceur, sans importuner de manière trop excessive l’inconnue. Après tout, il était pour le moment en position de force ; une force qui se caractérisait par sa connaissance de la ville. Il savait qu’il y avait une rue moins « passante » à quelques dizaines de mètres. Ce ne serait pas compliqué de l’emmener jusque là-bas si jamais la situation devenait tendue. Il espérait que ce ne serait pas le cas. Si jamais ça l’était, il serait obligé de l’abattre.

Cette situation peu singulière commençait toutefois à agacer notre héros. La potentielle ennemie serrait de plus en plus fort la poignée de son arme. Etait-ce un poignard, une épée, pourquoi pas une lance ? Ce n’était rien de plus qu’une arme blanche. Artefact qui pourrait être magique. En cas d’offensive surprise, il pourrait utiliser le Time Alter et bondir rapidement en arrière. Il avait l’air de provoquer en elle un sentiment de crainte, de peur et de méfiance. Elle pourrait le considérer comme un de ces fous qui séquestrent les gens ou encore un voleur voulant la dévaliser. Il n’en était rien. La discussion l’intéressait seulement. Il n’était pas du genre à tuer sans être sûr, ni même à appliquer la « violence gratuite ». Mais il comprenait sa méfiance.

Qui êtes-vous ? Demanda-t-elle d’un ton méfiant.

Cette question le fit soupirer, écarquillant un sourcil. Cette fillette était directe, elle ne passait pas par quatre chemins, à sa grande surprise. Elle rentrait dans le vif du sujet, ne parlant que pour dire le principal et rien d’autre. Au moins, il ne perdrait pas de temps avec les banalités.

Tu peux m’appeler Val. Qui es-tu pour me demander mon nom ? Finit-il par lâcher.

Ce n’était rien de plus qu’un nom d’emprunt. Malgré toute la volonté de rester pacifique, il ne pouvait pas prendre le risque de dévoiler son identité. S’il s’agissait d’un membre du gouvernement ou encore d’un mage noir, il était en danger. Oui, Vali avait menti. Protéger sa couverture et sa vie, c’était très important pour la suite des événements. Malgré tout l’amour qu’il portait pour la paix et la justice, il se devait de vivre. Il ne voyait pas Rin apprendre que son mari est mort.

La fillette finit par soupirer et se détendit peu à peu. Une bonne nouvelle. Garder son sang-froid permettait de rapidement dénouer la situation, chose qu’il s’efforçait de faire depuis très longtemps. Malgré cela, il était prêt. Prêt à dégainer son arme et à faire feu. Prêt à sortir un couteau et à attaquer. Prêt à esquiver et à s’enfuir si nécessaire. Certes, elle ne paraissait pas agressive, mais ce  n’étaient peut-être que des apparences.

Que voulez-vous ? Questionna-t-elle.

Décidemment, elle était ouverte et posait beaucoup de questions. Beaucoup trop même. Si cela continuait ainsi, il se devrait de réagir. S’enfuir ou parler de manière plus froide et plus violente, quitte à la provoquer. Cependant, la main de la fillette lâchait peu à peu l’emprise qu’elle avait sur la poignée de l’arme. Un signe. Cela signifiait qu’elle n’était pas dangereuse, du moins, pas dans l’immédiat. Elle avait l’air sincère, elle avait l’air de vouloir discuter, de régler les choses calmement, par la diplomatie.

Toutefois, il y eut une chose. Une chose qui avait choqué le tueur à gage. Tenant ses positions, déterminé à ne rien lâcher de trop important, il ne comptait pas faire d’efforts le mettant en difficulté. Et pourtant, elle lui souriait. Un sourire se dessina sur son visage. Il n’y avait rien de plus innocent, rien de plus sincère que l’émotion qui l’animait. Pour la première fois de sa carrière, Vali von Einzbern était pris au dépourvu. Choqué. Voilà ce qu’il était. Dans une situation pareille, offrir un tel cadeau. Elle devait être folle ou alors sûre d’elle. Sûre qu’il n’attaquerait pas.

Je peux vous aider ? Questionna-t-elle.

Une main se tendit vers lui. Un geste si noble, synonyme de paix.

Euh... Eh bien, bafouilla-t-il, Je ne crois pas que tu puisses m’aider. Mais je sens en toi une aura magique importante. Qui es-tu ? A quelle organisation peux-tu bien appartenir ?  


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MessageSujet: Re: Rester sur ses gardes [PV. Kira]   Mar 2 Aoû - 12:08


Rester sur ses gardes

Feat Vali von Einzbern

Même s’il lui avait dévoilé son nom, le jeune homme semblait toujours méfiant à son égard. Elle ne pouvait pas vraiment lui en vouloir. Même si elle masquait toutes ses appréhensions, elle n’était pas confiante elle non plus. A cause de l’aura effrayante qui émanait de lui, ou tout simplement par volonté de protéger l’épée ? Peut-être un peu des deux. Mais il ne semblait pas foncièrement mauvais. Personne n’était foncièrement mauvais, en soi. Le mal, comme la justice, n’étaient que des notions subjectives. Le pire criminel pouvait avoir l’impression de faire le bien, d’apporter la paix et de purifier le monde, ne causant pourtant que douleur et chagrin derrière lui. C’était pour cela qu’elle n’attachait pas d’importance à ces notions trop ambiguës, et se contentait de bannir la violence de sa vie, ce principe-là étant au moins plus qu’explicite.

Elle scrutait tout de même les environs, pas toujours forcément rassurée, et, même si sa prise sur Yatagarasu s’était adoucie, elle n’avait pas pour autant lâché la poignée. Elle se doutait un peu que l’homme en face – Val, comme il disait se faire appeler – connaissait mieux la ville qu’elle. Elle, elle ne connaissait rien à Fiore, hormis l’existence du sanctuaire des esprits. Paradoxalement, elle était sans doute le seul être humain vivant à l’heure actuelle à en connaître la localisation.

Val sembla gêné de l’attitude de la jeune fille. Il était vrai qu’on rencontrait peu de personnes vous souriant alors que l’atmosphère était chargée de tension. Mais elle était ainsi, souriant toujours, pour apaiser les cœurs brisés, pour éviter les effusions de sang. Elle voulait s’offrir au monde, offrir son amitié, offrir sa pureté, mais était limitée par l’épée qu’elle se devait de porter, pour la protéger de la cupidité humaine. Mais même malgré sa perversion, la jeune fille aimait l’arme. Personne ne méritait d’être haï. Chacun avait besoin de cette lumière, neutre, qui leur pardonnerait leurs crimes, leur offrirait une seconde chance, les guiderait sur le chemin de la paix et de la rédemption. Même si elle n’avait pas la prétention nécessaire pour usurper Dieu, ou même l’Existence, elle voulait être cette personne.

Euh... Eh bien, bafouilla Val, Je ne crois pas que tu puisses m’aider. Mais je sens en toi une aura magique importante. Qui es-tu ? A quelle organisation peux-tu bien appartenir ?

Elle ne cessait de lui sourire, touchée par la gêne du jeune homme. Il n’était pas bien méchant, au final. Néanmoins, elle ne relâchait pas sa vigilance, car il ne fallait jamais se fier aux apparences. Dans le même temps, elle aurait aimé prendre le temps de mieux le connaître. Mais elle ne pouvait pas se le permettre. Pas tant que Yatagarasu n’avait pas trouvé son sceau.

Elle ne souhaitait pas non plus lui mentir. Pas lui révéler toute la vérité, mais elle ne voulait pas lui dire des choses qui n’étaient pas réelles. Le mensonge n’attirait que la méfiance et pouvait apporter la douleur. Elle n’aimait pas ça. Dissimuler la vérité, pour protéger l’artefact, mais pas la transformer.

Je m’appelle Kira, répondit-elle, toujours parée de son éternel sourire. Juste Kira.

Pas de nom. Elle en avait eu un, autrefois. Mais le passé ne devait pas occulter le présent. A présent, elle arborait fièrement cette absence de nom, se rappelant chaque jour que c’était le sanctuaire qui avait fait d’elle ce qu’elle était aujourd’hui, et que les événements antérieurs n’avaient plus d’importance.

Le voyageur ne semblait pas non plus posséder de nom. Ou alors, il avait volontairement – ou pas – omis de le lui dire. Elle ne pouvait pas le lui en vouloir. Pour certains, un nom était une hantise, pour d’autres, un symbole, une bénédiction. Quelque chose de propre, qu’on ne voulait pas révéler par crainte de l’entente de ce nom. Elle comprenait. Elle comprenait toujours.

J’appartiens à l’Ordre du Sanctuaire, acheva-t-elle simplement, faute d’avoir autre chose à ajouter.

C’était ainsi que se nommaient autrefois les moines qui avaient parcouru le monde pour trouver le sceau de l’épée légendaire, afin de la préserver de l’égoïsme et de l’avidité des Hommes. Néanmoins, ils n’y étaient pas parvenus, et avaient fini par construire un sanctuaire dans un endroit reculé, pour y entreposer temporairement l’épée.

Et maintenant, c’était elle qui devait reprendre l’héritage de ces hommes qui avaient abandonné leur vie paisible et calme pour protéger Yatagarasu, et trouver l’endroit où l’épée était sensée reposer. Pour toujours. Afin que le monde soit préservé, et que l’arme ne souffre pas de la cupidité humaine.

Mais, même si c’était une quête difficile, elle était fière d’avoir été choisie pour entreprendre ce voyage. Parce qu’elle savait que tous les esprits du sanctuaire comptaient sur elle. Ils la savaient capable de parvenir au bout du chemin, de trouver le véritable sceau de la lame, et ainsi protéger le monde de ses pouvoirs destructeurs.

Elle soupira. Elle avait hâte de rentrer. Puis, elle fixa à nouveau Val. Toujours en lui souriant, de ce sourire doux et apaisant, elle lui demanda, d’une voix paisible et sereine :

Et vous, que voulez-vous ?


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MessageSujet: Re: Rester sur ses gardes [PV. Kira]   Mar 2 Aoû - 15:48
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Cette situation était une première pour le tueur à gage. Il n’avait jamais rien vécu de tel. Il s’attendait depuis le début à ce que la situation dégénère et il n’en était rien. Seulement un sourire. A croire que toute la tension avait disparu, qu’il n’y avait plus aucune méfiance. Ce n’était qu’une apparence. Tous deux restaient sur leurs gardes. A la différence d’elle, Valu n’affichait aucun sourire, aucun signe pouvant détendre l’atmosphère. Il ne faisait pas d’effort, restant l’homme froid qu’il paraissait. Une image qui ne lui plaisait pas. Vali aimerait lui aussi qu’on ne le craigne pas. Cette image terrifiante l’aidait mais tout de même.

L’héritier des von Einzbern était plus détendu à présent. Quant à la jeune fille, elle scrutait ce qui l’entourait. Malgré les apparences, elle n’était toujours pas tranquille. Elle avait raison, Vali devrait faire de même et pourtant il n’y arrivait pas. Toutefois, il restait quand même sur ses gardes, regardant de temps à temps autour de lui. Le danger pouvait venir de la fillette mais également de quelqu’un d’autre.

Une envie de sourire l’envahissait. Lui rendre ce qu’elle venait de lui donner. Pourtant, il n’y arrivait pas. Rares étaient les moments où il souriait. Malgré de nombreux efforts, cette action ne lui était pas accordée. Il se contenta de soupirer, secouant légèrement la tête. Ce n’était pas étonnant que les gens le considéraient comme un monstre ou encore un démon. Dans une situation « touchante », rester de marbre ainsi.

Je m’appelle Kira, répondit-elle. Elle rajouta : Juste Kira.

Au final, était-ce son vrai nom ? Il se pouvait qu’elle mente, tout comme l’assassin. Enfin, au moins, il avait un mot pour l’appeler, lui parler. Aucun nom de famille. Cela était étrange. Soit elle ne voulait pas lui dévoiler, soit elle n’en avait vraiment pas. Après tout, elle n’avait certainement pas envie de le dire. Cela se comprenait. Vali n’aimait pas prétendre qu’il appartenait aux von Einzbern. Cette famille détruite, tuée par un soi-disant voleur. C’est ce que les autorités déclarèrent. La vérité, c’est qu’il les avait assassinés jusqu’au dernier, sans aucun remords. C’était une bonne chose. Il avait ainsi sauvé de nombreuses vies et évité un coup d’état.

J’appartiens à l’Ordre du Sanctuaire, finit-elle par répondre.

L’ordre du sanctuaire ? Après quelques années de bons et loyaux services au gouvernement, il n’en avait jamais entendu parler. Etrange. Très étrange. D’un côté, il voulait en savoir plus. De l’autre il ne voulait pas trop l’importuner. Cependant, après cette discussion enrichissante, il se rendrait certainement à Era pour récolter des informations sur cet ordre du Sanctuaire. Il soupira de nouveau et sortit un paquet de cigarette, accompagné d’un briquet. Vali fumait depuis longtemps. Depuis qu’il travaillait avec Natsumi et même après sa mort, il avait continué. Il en tira une du paquet et l’alluma, laissant échapper une épaisse fumée grise.

Et vous, que voulez-vous ?
Je ne suis rien de plus qu’un mage solitaire. Un homme, désirant quelque chose et déterminé à l’obtenir.

Une phrase qui résumait son état d’esprit. Une phrase caractérisant sa vie et la raison de son existence.

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MessageSujet: Re: Rester sur ses gardes [PV. Kira]   Mer 3 Aoû - 22:19


Rester sur ses gardes

Feat Vali von Einzbern

Val sortit un paquet de cigarettes, et s’en alluma une. Consumé par le feu, le petit bâton émettait une épaisse fumée grisâtre. Cette vision rappela à la jeune fille le cadavre dans la ruelle non loin, cet homme mort dans la peur, dont l’esprit perdu fuyait et errait dans ce qui devait lui sembler être un véritable enfer. A ce souvenir, elle cessa de sourire. C’était triste. Cette violence. Ce monde qui faisait passer les désirs égoïstes des Hommes en premier, où chacun luttait pour ses intérêts personnels, quitte à sacrifier des vies, ou à créer la souffrance et le chagrin. Cela la désolait, elle qui agissait pour protéger l’humanité du fléau que tous appelaient « Yatagarasu » – pour ceux qui le connaissaient, du moins.

Je ne suis rien de plus qu’un mage solitaire, répondit Val. Un homme, désirant quelque chose et déterminé à l’obtenir.

La jeune fille le regarda, intriguée. En effet, ce qu’elle pouvait lire dans ses yeux, au-delà de sa froideur, c’était une effrayante détermination. L’entêtement des personnes qui se battent pour des causes perdues, et qui sont pourtant persuadés de pouvoir y faire quelque chose. Cependant, dans le cas de cet homme, cela lui donnait des frissons. Elle était assez sensible aux émotions des gens, et le peu qu’elle voyait de lui, lui faisait peur. Elle ne se sentait pas vraiment confiante près de lui, bien qu’elle doute qu’il connaisse l’existence de l’artefact qu’elle portait. Mais il lui fallait toujours rester sur ses gardes. Ainsi, elle gardait ses appréhensions calmement en elle, se tenant d’un air neutre devant Val.

Cependant, depuis que le souvenir du cadavre en flammes était revenu la hanter, elle ne souriait plus. Elle cherchait à comprendre. Comprendre pourquoi faire une telle chose. Pourquoi arracher la vie comme ça. Cela revenait à usurper les dieux. A usurper l’Existence.

Néanmoins, elle restait suffisamment maîtresse d’elle-même pour ne pas paniquer. S’il rôdait non loin quelqu’un capable d’arracher la vie d’un homme de sang-froid, il était naturel qu’elle ne se sente pas rassurée. Alors, tout en s’efforçant de penser à autre chose, elle ne pouvait s’empêcher de scruter nerveusement les alentours, discrètement. Elle se devait de rester prête en cas d’attaque. En tout cas, elle ne se sentait pas à l’aise dans cette ville, et avait hâte de partir d’ici. Au plus vite.

Pourtant, cet homme l’intriguait. Enfin, ce « quelque chose » qu’il avait mentionné avait pour mérite d’attirer sa curiosité. Elle aurait aimé en savoir plus. En fait, elle aimerait tout savoir, tout simplement. Cependant, elle n’avait pas vraiment un bon pressentiment à propos de tout ça. Elle ne se sentait pas du tout à l’aise. Elle se sentait oppressée, et l’homme en face d’elle, effrayant, ne faisait rien pour arranger son ressenti.

Et quelle est cette chose que vous souhaitez à tout prix obtenir ? demanda-t-elle, une pointe de méfiance se sentant dans sa voix.

Instinctivement, et sans qu’elle ne s’en aperçoive réellement, sa prise sur la poignée de son épée s’était renforcée. Elle se sentait méfiante à son égard, uniquement par peur de se faire dérober Yatagarasu. Dans le même temps, elle était véritablement curieuse. Elle se sentait juste mal à l’aise avec tout ce monde, et surtout, se sentait obligée de rester sur ses gardes, alors qu’elle aurait offert son cœur en temps normal, même à un inconnu.

Elle était vraiment intriguée par cet objectif, ce « quelque chose » que Val souhaitait vraiment obtenir. Cela l’effrayait, mais la fascinait également. Elle voulait savoir. Savoir, en espérant que ça n’ait rien à voir avec l’épée.

Autrement, elle devrait se battre. Et, bien qu’elle n’aime pas cette éventualité, elle devrait s’y résoudre en cas de nécessité. Se tenir prête. Toujours.

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MessageSujet: Re: Rester sur ses gardes [PV. Kira]   Ven 5 Aoû - 11:02
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Depuis le début, il n’avait pas songé une seconde à la rue enflammée, au cadavre qui s’y trouvait et aux éventuels témoins. A l’heure qu’il est, il ne devait plus rien rester. Cela l’importait peu, qu’il reste des traces ou non. La ruelle embrasée n’était pas un lieu de passage important, personne ne verrait ce carnage. Enfin, un carnage ? Plutôt une scène d’horreur où l’Enfer dévorait un démon. Un assassin, un monstre tuant pour le plaisir, causant la désolation sur son passage. Aucun être au monde le regretterait, même ses propres géniteurs. Le monde sera meilleur sans lui, c’est tout.

La fillette l’observait, intriguée. Etait-ce ses paroles qui l’avaient marquée ? Vali en était sûr. De tels dires ne pouvaient laisser quelqu’un indifférent. Ce pour quoi il se battait, si elle le savait, elle le prendrait certainement pour un idiot. Rares étaient les personnes qui savaient réellement son objectif. La plupart le prenaient pour un fou, pour un idéaliste sans cervelle. Vali ne disait pas le contraire, il idéalisait les choses. Sa cause était certainement perdue, mais il continuerait de sa battre. Sa détermination était implacable.

Etrangement, elle ne souriait plus. Ce sourire radieux s’était effacé, soudainement. Pourquoi ? Quelque chose la dérangeait ? Tout ceci était une farce ? Non. Elle ne paniquait pas, elle restait calme, tout en observant les alentours. Elle recommençait. Lui qui pensait que la situation était meilleure qu’auparavant. Ce changement brusque de comportement l’intriguait. Lui aussi devait rester sur ses gardes. Sa cigarette à la main, sa prise sur son arme se fit de plus belle. Qui sait, peut-être que ce sourire n’avait que pour but de l’amadouer.

Et quelle est cette chose que vous souhaitez à tout prix obtenir ? lâcha-t-elle.


Devait-il lui dire ? Son ton méfiant la trahissait. L’hésitation lui montait à la tête. D’habitude, il n’était pas comme cela, surtout quand il s’agissait de tuer. Mais là, déballer sa vie et ses projets à une inconnue. Les moqueries l’importaient peu, mais ses dires pourraient peut-être perturber sa vie. Peut-être qu’elle voudrait l’empêcher de réaliser son objectif ? Peut-être qu’elle voudrait le suivre ?

La justice. Rendre justice sur cette terre. Imposer la paix, par tous les moyens possibles. Et toi, quel est ton but dans la vie ? Dit-il.

Il avait finalement décidé de tout dire. Son sourire, cette expression qu’elle avait. C’était sincère, il n’y avait aucun stratagème derrière. Elle allait certainement le prendre pour un fou, ou peut-être qu’elle le comprendrait. Qui sait ? Il n’avait rien à perdre. Puis, il avait toujours l’option de la tuer si finalement elle décidait de le prendre en traître.


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MessageSujet: Re: Rester sur ses gardes [PV. Kira]   Ven 5 Aoû - 12:20


Rester sur ses gardes

Feat Vali von Einzbern

Val semblait hésitant à répondre à la question de la jeune fille. C’était compréhensible. D’un côté, elle-même serait incapable de révéler le véritable but de son voyage. Ce serait inconscient, et bien trop dangereux. Avec Yatagarasu à ses côtés, et tant qu’elle l’aurait près d’elle, elle devrait n’être qu’une simple voyageuse cherchant à apaiser les âmes dans le besoin – matérielles ou non. Ce n’était pas totalement mentir, puisqu’elle avait bien l’intention d’agir ainsi pendant son voyage. C’était simplement dissimuler la véritable raison, pour le bien de tous. Pour le bien de l’humanité. Et pour le bien de l’épée.

L’homme, cependant, se décida enfin à répondre :

La justice, dit-il. Rendre justice sur cette terre. Imposer la paix, par tous les moyens possibles. Et toi, quel est ton but dans la vie ?

A la mention de « justice », un nouveau sourire vint illuminer son visage. Elle repensa instinctivement au seigneur sans tête, qu’elle avait rencontré dans son enfance. Ce dernier, injustement tué, avait fini par tous les haïr, sans jamais chercher à comprendre. Les agissements de ces hommes leurs semblaient justes, mais aux yeux de la victime, c’était tout le contraire. Au final, elle avait pu lui faire comprendre que la véritable justice n’existait pas. Chacun pensait à sa façon, et il fallait accepter les points de vue divers des autres, car la communication, et la compréhension, à cet instant, aurait éventuellement pu sauver le malheureux.

Voir cet homme à la pensée si fermée, ça ne pouvait que lui remémorer cet esprit, qui, lui aussi, n’avait jamais su voir au-delà de ses propres idéologies. Et elle ne lui souhaitait sincèrement pas de finir comme avait fini son ami…

Cependant, le fait qu’il demande ses propres ses objectifs l’inquiétait légèrement. Même si elle avait une réponse à lui donner, cela la gênait légèrement. Ainsi, pour dissiper son malaise, elle décida de ne pas y répondre dans l’immédiat. Mais aussi pour essayer de voir à quel point l’homme était pris dans ses convictions. Et voir si elles tenaient seulement debout…

La justice ? répondit-elle. Vous voulez la justice ?

En soi, c’était un objectif noble. Mais comme elle le disait si bien, la justice n’était qu’un principe subjectif. Pour certains, faire souffrir les autres étaient une forme de justice, compte tenu de leur triste vie. Pour d’autres, il s’agissait d’accorder une chance à tous, sans regarder les origines ni les crimes de la personne. C’était pour cela qu’elle-même ne se qualifiait pas de « juste ». Il n’existait pas d’Homme juste. Ceux qui se faisaient passer pour tels n’étaient rien de plus que des menteurs naïfs croyant aveuglément en leur jugement. Cependant, elle acceptait tous les êtres tels qu’ils étaient, et ainsi acceptait donc ceux qui se proclamaient « justes », sachant pourtant qu’une telle personne n’existait pas en ce monde. Le principe même de Justice n’était souvent attribué qu’aux divinités auxquelles les gens croyaient. Cela ne revenait-il pas à usurper les dieux ?

Elle soupira, et reprit :

Et qu’est-ce que la justice, concrètement ? Puisque c’est ce que vous voulez, vous devez bien savoir ce que c’est ? Moi, je suis une ignorante. J’ignore la justice. J’ignore ce que c’est, du moins.

Un nouveau soupir, et pourtant, elle ne cessait de sourire. Comme si c’était inné chez elle, et que seule la brutalité inouïe de l’humanité pouvait le lui effacer. Néanmoins, elle n’était pas d’accord avec le point de vue de Val. Cela ne voulait pas dire qu’elle ne l’acceptait pas. Elle était simplement curieuse à l’idée d’entendre ses raisons.

Maintenant, il lui fallait répondre à sa question. Ainsi, elle ne lâchait pas Yatagarasu, toujours méfiante – plus par obligation que par réelle conviction. Il ne fallait pas que son épée paraisse importante. Qu’elle la garde ainsi pouvait sembler naturel ; comme on garde une arme en cas d’attaque surprise, et de la même façon qu’il le faisait sûrement, il ne remarquerait rien de suspect de ce côté-là.

Alors, avec une légère appréhension, elle se jeta à l’eau :

En tant que membre de l’Ordre du Sanctuaire, je voyage afin d’apaiser les âmes de ceux qui ne connaissent pas la quiétude intérieure. J’aide les gens à trouver la paix.


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MessageSujet: Re: Rester sur ses gardes [PV. Kira]   Sam 6 Aoû - 19:31
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La justice et la paix. Le monde serait prospère si ces deux notions étaient appliquées. Mais l’Homme désirait toujours plus. Il se battait pour ce qu’il pensait juste ou alors pour obtenir quelque chose qui lui est cher. Et pour cela, Il se servait de la magie. Cette énergie, miraculeuse, permettant d’accomplir de grands faits, elle était la cause de tous ces morts et de toutes ces guerres. Annihiler l’humanité. Une option, accompagnée d’une seconde. Détruire la magie. Sans cette puissance, l’être vivant ne serait plus rien, seulement une larve.

De nouveau, la fillette sourit au son de ses paroles. La justice. Etait-ce un mot avec lequel on pouvait rire, s’esclaffer ? Vali von Einzbern était sérieux à ce sujet, il ne prenait pas ce thème à la rigolade, au contraire. Au moins, peut-être que ses dires l’avaient touchée, peut-être que sa voix l’avait fait réfléchir. Il était le seul à être animé par ce désir de paix. Punir le Mal et récompenser le Bien. Ce serait un monde idyllique et prospère. Cependant, il en était encore très loin, ses rêves inatteignables pour le moment. Parfois, il songeait à tout abandonner, à retourner chez lui. Un lieu où une personne l’aimait. Malheureusement, il ne pouvait pas. Pas maintenant, pas si bien avancé en chemin.

La justice ? répondit-elle. Vous voulez la justice ?

Elle n’avait pas compris visiblement. Ou alors, elle voulait des éclaircissements. Vali était disposé à lui en fournir, si elle se montrait un minimum coopérant. Coopérant ? C’était complétement inutile d’expliquer à une personne dont la justice et la paix lui importait peu. Une personne subissant sa simple existence. Mais Kira, elle semblait être spéciale. Ce n’était pas une personne ordinaire. Il y avait quelque chose. Premièrement, l’Ordre du Sanctuaire l’intriguait. De plus, sa puissance magique n’était pas comme les autres ; elle était forte. Tous ces éléments qui faisaient d’elle une personne spéciale, peut-être unique.

Et qu’est-ce que la justice, concrètement ? Puisque c’est ce que vous voulez, vous devez bien savoir ce que c’est ? Moi, je suis une ignorante. J’ignore la justice. J’ignore ce que c’est, du moins.

Cette question revenait sans cesse dans l’esprit du tueur à gage. Au fond, qu’est-ce que c’était ? Rendre à César ce qui appartient à César ? Il fallait punir le Mal afin de préserver le Bien.  C’est ainsi que l’héritier des von Einzbern voyait les choses. Pas autrement. Il pensait détenir la vérité de ce monde. Tout le monde pense détenir la vérité au fond. Mais ont-ils tous raison ? Vali était prêt à sacrifier une partie de l’humanité pour sauver le reste, tant que la balance ne soit pas faussée. C’était inutile de tuer une plus grande partie pour en sauver une plus petite.

La justice ? Punir le Mal afin de protéger le Bien, quitte à tuer. Ce désir de justice, entraîne la paix. Si les tous les monstres avides de pouvoir venaient subitement à mourir, le monde serait de nouveau prospère. Dit-il.

Voilà qui résumait bien les choses. La curiosité l’envahissait ; il voulait voir la réaction de la jeune fille. Il jeta la cigarette et l’écrasa légèrement, relâchant une dernière bouffée de fumée.

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MessageSujet: Re: Rester sur ses gardes [PV. Kira]   Sam 6 Aoû - 21:02


Rester sur ses gardes

Feat Vali von Einzbern

Cet homme la faisait sourire. Après tout, il était persuadé de détenir le sens de la Justice, en ce monde. Mais il n’existait pas de véritable justice. Tout dépendait du point de vue de la personne. Ainsi, ce qui était juste pour un tel, était injuste pour l’autre. C’étaient ces incompréhensions, qui amenaient de la violence, toujours plus de violence. Et cette violence donnait naissance à d’autres êtres avides de « justices », convaincus de détenir la vérité. Une boucle sans fin, et qui ne s’achèverait en effet jamais tant que l’Humanité existerait. Cette boucle avait-elle pour but implicite de réguler la population humaine ? Si c’était le cas, c’était tout de même une façon bien cruelle de parvenir à de tels moyens…

La justice ? dit Val. Punir le Mal afin de protéger le Bien, quitte à tuer. Ce désir de justice, entraîne la paix. Si les tous les monstres avides de pouvoir venaient subitement à mourir, le monde serait de nouveau prospère.

Elle eut un petit rire. Pas un rire moqueur, ni le rire que l’on a, lorsque l’on est pris d’un amusement fou. Un rire qui paraissait doux, émanant d’elle, mais tellement ironique à la fois. Elle en avait connu, des morts injustes, et qui, pourtant, semblaient justes aux yeux des meurtriers. Les assassins pensaient faire le Bien, les victimes les croyaient incarnation du Mal. Mais au final, lorsque quelqu’un mourait, qu’il le mérite ou non, cela entraînait le chagrin de ses proches. Était-ce juste qu’eux, innocents, souffrent ? De même, cela leur donnait des idées de vengeance, et de justice. Et ainsi, tout cela recommençait, jusqu’à ce que le principe même de « Justice » ne soit plus qu’une excuse à la barbarie humaine. Il suffisait simplement de parler. Mais l’Homme, visiblement, était plus doué aux armes que de sa parole.

Val jeta sa cigarette, l’écrasant au sol. Cette dernière, mourante, émit une dernière fumée, avant de s’éteindre. Fragile, comme la vie. Comme cette vie, cette âme, qu’elle avait vue dans une ruelle sombre. Comme tout, en ce monde. L’Existence même était tellement fragile, qu’un rien, un simple déséquilibre, pourrait la bouleverser. Existait-il seulement en ce monde une entité suffisamment puissante pour réguler la bêtise et la folie humaines ? Peut-être. Elle l’espérait, du moins.

Alors, qu’est-ce que le Mal, et qu’est-ce que le Bien ? répliqua la jeune fille, cherchant à le faire réfléchir. Sont-ce des notions universelles ? Ce qui est bien pour toi, ne peut-il pas être mal, à mes yeux ? Dans ce cas, comment trancher, en cas d’avis divergent ? Ton propre avis surpasserait-il celui des autres ?

Elle marqua une courte pause, en profitant pour scruter avec méfiance si aucun individu suspect ne traînait dans les environs, la main toujours accrochée à la poignée de son épée. Elle semblait plus calme, puisqu’elle pensait que Val ne tenterait rien contre elle. Cela ne l’empêchait cependant pas d’être aux aguets. Il fallait toujours – toujours – qu’elle reste sur ses gardes, dans le but de protéger Yatagarasu.

En soi, qu’il recherche la Justice, qu’il préfère la paix, était quelque chose de noble. Cependant, qu’il soit prêt à recourir à la violence, elle ne pouvait pas agréer à ce principe. Même s’il s’agissait d’éliminer ceux qu’il appelait « les monstres avides de pouvoir », cela revenait à devenir soi-même un assassin. Un monstre. Cela créerait toujours plus de douleur, et plus de douleur amènerait plus de violence encore. Jusqu’à ce que l’équilibre de ce monde précaire soit rompu. Si c’était le cas, les esprits divins accorderaient-ils leur chance à l’Humanité ? L’Existence elle-même tolérerait-elle qu’on bafoue ainsi sa création ?

La violence, peu importe dans quel but on l’utilise, n’est jamais une vraie solution. Se battre pour se défendre est compréhensible. Arracher une vie, c’en est une autre. Est-ce juste ? Si ces hommes sont « mauvais », sûrement… Mais pense à leur famille. Elles, elles souffriront. Elles pleureront. Quand tu verras un enfant pleurer ses parents, oserais-tu le regarder en face, et lui dire que c’était juste ? Il souffrira. Il voudra se venger. Il voudra… « Justice ». Et cela fera fleurir en lui des idées de vengeance, et de violence.

Elle soupira, en repensant à cet enfant. Il avait souffert. Il avait pleuré. Et il avait voulu vengeance, après sa mort. Il avait voulu se venger de ces hommes qui lui avaient volé sa vie, et celle de sa famille. Il avait voulu se venger de ce monde, jugé trop cruel. Il avait voulu se venger de ses dieux, incapables de protéger ceux qui le vénéraient. Et il avait fini par comprendre, avec son aide, que la violence, au final, ne créait que de la souffrance. Plus de souffrance, et donc plus de haine. Il finirait par ne pas valoir mieux que ceux qui lui avaient arraché la vie.

Si, par la violence, tu entraînes la souffrance, ceux qui ont souffert voudront à leur tour se venger. Est-ce cela, ton idéal de paix ? Une boucle interminable de souffrances, de haine, de larmes, où chacun veut simplement ce venger de la douleur qu’on lui a infligée, sans qu’il ne comprenne jamais pourquoi ?

Son regard se perdit dans la vague. Et elle frissonna, au souvenir horrible de ce corps brûlant dans une ruelle, loin de tous, oublié, seul au monde. Et cette âme, effrayée, incomprise, qui ne parvenait pas à saisir ce qu’il faisait là, pourquoi il en était là, seul dans le froid. Seul dans les ténèbres.

Même après la mort, on continue de souffrir. Les âmes continuent de subir les tourments de leur vie, ils en ressentent encore la douleur, le chagrin. Le bonheur, parfois. Mais beaucoup d’entre eux souffrent encore. Ils pleurent. Ils réclament vengeance. Est-ce ça, un monde idéal ? Un monde où même l’âme n’a pas le droit de trouver la paix, pour peu qu’elle ne soit pas du côté du « Bien » ? N’existe-t-il donc pas de seconde chance ?

Elle reporta son regard ambré sur Val. Elle se demandait bien ce qu'il pensait de tout cela. Avait-il seulement pensé aux conséquences que pouvaient entraîner son idéal ? Était-il vraiment convaincu que d'éliminer ce qui n'y correspondait pas était la bonne chose, et que cela amènerait une véritable paix durable ?


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MessageSujet: Re: Rester sur ses gardes [PV. Kira]   Dim 7 Aoû - 20:15
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Il tuerait quiconque qui se mettrait au travers de son chemin. Il l’avait décidé, il y a fort longtemps. Un serment qu’il avait tenu jusqu’à présent. Que ce soit un inconnu ou même sa femme, quiconque menacera cette paix et cette justice se verra ôter la vie. Un tueur au sang-froid, voilà ce qu’il était. Ne jamais se retourner, n’avoir aucun remords et continuer d’avancer. Il n’y avait pas de place pour la haine ou un sentiment personnel. Juste... trouver le chemin qui mènerait le monde à la prospérité qu’il mérite.

Ses paroles firent rire la fillette. Il y avait-il quelque chose de drôle ? Non, il n’y avait aucune moquerie derrière cette exclamation. Décidemment, cette fille était douce. Vali n’était pas fâché, ni même vexé. La réaction de Kira le fit légèrement sourire. Un sourire qui était inhabituel. C’était l’une des premières fois qu’il souriait depuis plusieurs années. Cette fillette, elle lui rappelait Rin. Son caractère si calme et si détendu l’apaisait en quelque sorte, le mettait en confiance. Elle n’était pas comme tous les rats qui habitaient ce monde. Elle ne semblait pas convoiter quelque chose, elle ne semblait pas vouloir le conflit. C’était agréable.

Alors, qu’est-ce que le Mal, et qu’est-ce que le Bien ? demanda la fillette. Sont-ce des notions universelles ? Ce qui est bien pour toi, ne peut-il pas être mal, à mes yeux ? Dans ce cas, comment trancher, en cas d’avis divergent ? Ton propre avis surpasserait-il celui des autres ?
 

Malheureusement, avec toute la volonté du monde, il ne pourrait le connaître. Il était victime de sa naïveté et de son entêtement. Il détenait la vérité, du moins, c’est ce qu’il pensait. Une vérité que tout le monde devrait adopter. Il soupira. Cette fille semblait vouloir le tester, peut-être même le faire réfléchir.

Depuis des siècles, l’Homme se bat pour diverses raisons ; la plupart du temps, c’est pour assouvir ses désirs les plus fous. D’autres, tuent et massacrent pour le plaisir, laissant derrière-eux malheur et désolation. Déclara le tueur à gage. Tandis que d’autres subissent, meurent et souffrent. Je vais arrêter tout cela. Personne ne se mettra au travers de mon chemin, c’est tout. Conclut-il.

Kira n’était pas tranquille. Elle regardait l’horizon, cherchant quelqu’un de suspect. La foule continuait d’avancer sur le long pont. Vali et la fillette étaient au milieu, forçant les gens à se décaler. Certains râler, proféraient des injures et d’autres les regardaient d’un air mauvais. Vali avait un mauvais pressentiment. Une sensation comme quoi ils étaient en danger. L’emprise sous son arme se fit de plus belle, tout comme Kira, donc l’étreinte sur la poignée de son arme restait forte.

La violence, peu importe dans quel but on l’utilise, n’est jamais une vraie solution. Se battre pour se défendre est compréhensible. Arracher une vie, c’en est une autre. Est-ce juste ? Si ces hommes sont « mauvais », sûrement… Mais pense à leur famille. Elles, elles souffriront. Elles pleureront. Quand tu verras un enfant pleurer ses parents, oserais-tu le regarder en face, et lui dire que c’était juste ? Il souffrira. Il voudra se venger. Il voudra… « Justice ». Et cela fera fleurir en lui des idées de vengeance, et de violence.

Après ses vaines paroles, elle soupira. Vali ne comptait pas changer brusquement d’avis. Il était entraîné pour tuer et certains hommes méritaient la mort. S’il le fallait, il exterminerait toute une famille, tout comme il avait fait avec la sienne. Les von Einzbern était un danger pour cette paix et cette justice. Ils avaient tué et prévoyaient encore de le faire. En les exterminant tous, il avait réussi à sauver des vies. Dans le cas où il en aurait épargné, les survivants auraient voulu se venger. La vengeance. Une émotion puissante, dotant son hôte d’une détermination parfois infaillible. Des vengeurs étaient peut-être nés à cause de lui. Il les tuerait en temps et en heure. Certes, le cercle serait long, mais pas interminable. Une personne censée saurait reconnaître un monstre, même s’il s’agissait de sa progéniture.

J’assume l’entière responsabilité de mes actes. J’ai tué et je tuerai encore. Certains voudront à leur tour m’assassiner. Ils mourront et contribueront à ma réussite. Le sang que je verserai sera le dernier sang versé de toute l’humanité. Penses-tu sincèrement qu’une mère voudrait venger un tueur, même s’il s’agit de son propre fils ? Est-ce que tu as pensé aux victimes de ces monstres et à leurs proches ?

Une personne pacifiste, ayant eu une enfance heureuse ne pouvait pas comprendre. Une entité n’ayant pas été habituée aux horreurs ne pouvait pas être d’accord avec son point de vue. Kira semblait être une fille ne donnant ni tort, ni raison. Elle relevait les éléments qui n’allaient pas et faisaient réfléchir les gens, restant le plus aimable possible. Cette conversation l’avait un peu irritée.

Si, par la violence, tu entraînes la souffrance, ceux qui ont souffert voudront à leur tour se venger. Est-ce cela, ton idéal de paix ? Une boucle interminable de souffrances, de haine, de larmes, où chacun veut simplement ce venger de la douleur qu’on lui a infligée, sans qu’il ne comprenne jamais pourquoi ?

Hormis l’apparition d’un miracle, je ne vois pas d’autres options que d’éliminer les gêneurs.

Elle frissonnait pour une raison inconnu, son regard errant dans le vide. Ses paroles devaient elle aussi la faire réfléchir. C’étaient deux idéaux complétement différents, qui se confrontaient. Toutefois, ce n’était rien de plus que diplomatique. En aucun cas il lèverait la main sur la fillette. Sauf si celle-ci l’attaquait.

Même après la mort, on continue de souffrir. Les âmes continuent de subir les tourments de leur vie, ils en ressentent encore la douleur, le chagrin. Le bonheur, parfois. Mais beaucoup d’entre eux souffrent encore. Ils pleurent. Ils réclament vengeance. Est-ce ça, un monde idéal ? Un monde où même l’âme n’a pas le droit de trouver la paix, pour peu qu’elle ne soit pas du côté du « Bien » ? N’existe-t-il donc pas de seconde chance ?

Il ne connaissait rien des âmes. Il n’était même pas convaincu qu’elles existaient réellement. Après tous les assassinats qu’il avait commis, si elles réclamaient vengeance, elles auraient essayé il y a fort longtemps. Son regard se posait sur lui. Elle était gentille. Mais sa naïveté causerait sa perte. Le monde n’était pas aussi beau qu’elle le pensait. Néanmoins, il espérait qu’elle ne le découvre jamais. Il ne voulait pas lui casser sa façon de penser, seulement exposer la sienne. Si jamais un jour elle était en danger, peut-être qu’il lui viendrait en aide.

Le monde me remerciera plus tard. Encore faut-il que j’arrive à réaliser cette lourde tâche et qu'il me reconnaisse. Assez parlé de moi, parles-moi de toi. Tes buts, tes idéaux, tes capacités en tant que mage.  

Il voulait en savoir plus.

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MessageSujet: Re: Rester sur ses gardes [PV. Kira]   Lun 8 Aoû - 14:02


Rester sur ses gardes

Feat Vali von Einzbern

Val semblait assez enfoncé dans son idéal. Un idéal de paix qui prônait cependant la violence. Une paix bien étrange, il était vrai.

Depuis des siècles, l’Homme se bat pour diverses raisons ; disait-il, la plupart du temps, c’est pour assouvir ses désirs les plus fous. D’autres, tuent et massacrent pour le plaisir, laissant derrière-eux malheur et désolation. Tandis que d’autres subissent, meurent et souffrent. Je vais arrêter tout cela. Personne ne se mettra au travers de mon chemin, c’est tout.

Ca l’attristait un peu. Ce qu’il disait des Hommes était vrai. Certes, certains êtres humains adoptaient la violence par choix, dans le but de faire souffrir les autres, et d’autres le faisaient par pur égoïsme. Afin de satisfaire un égo, un idéal démesuré, et persuadés de détenir la clé de tout. Mais cela justifiait-il qu’on les élimine sans même chercher à comprendre ? Même les pires meurtriers, lorsqu’on usait de calme et de patience, pouvaient finir par se rendre compte qu’il existait une meilleure solution. Cela n’effacerait certes pas toutes les souffrances du monde, mais, au final, existait-il une telle possibilité ? Un endroit où personne ne pleure, où tout le monde est heureux, en ce monde, cela n’existait pas, elle le savait.

J’assume l’entière responsabilité de mes actes, ajouta Val. J’ai tué et je tuerai encore. Certains voudront à leur tour m’assassiner. Ils mourront et contribueront à ma réussite. Le sang que je verserai sera le dernier sang versé de toute l’humanité. Penses-tu sincèrement qu’une mère voudrait venger un tueur, même s’il s’agit de son propre fils ? Est-ce que tu as pensé aux victimes de ces monstres et à leurs proches ?

Il avait certes raison sur le dernier point. Les victimes chercheraient toujours vengeance, et souffriraient. Mais au final, tuer un meurtrier, n’était-ce pas aussi faire de lui une victime ? Il aurait donc des proches, qui, eux aussi, souhaiteraient agir en représailles. C’était un cercle sans fin. N’était que Val privilégiait la violence, et que la jeune fille s’y opposait. Et comptait lui faire comprendre son point de vue. Pas le lui imposer, certes, car elle lui reconnaissait le droit de penser comme il le souhaitait. Mais elle ne pouvait décemment pas accepter qu’il ait déjà tué de sang-froid.

Hormis l’apparition d’un miracle, je ne vois pas d’autres options que d’éliminer les gêneurs.

Elle eut un petit sourire triste. S’il existait un tel moyen d’obtenir la paix, les gens de ce monde seraient heureux depuis longtemps. Elle doutait vraiment qu’un miracle puisse même arranger les choses. Pour peu que les miracles existaient. Du moins, elle croyait qu’ils existaient, mais étaient beaucoup plus complexes que l’idée qu’on s’en faisait. La preuve en était Yatagarasu. La lame se devait d’être scellée pour que ses pouvoirs ne soient jamais utilisés. Mais l’épée en tant que telle était-elle vraiment mauvaise ? Avait-elle jamais exprimé le désir de détruire les choses d’elle-même ? Alors, comment dire qu’un miracle pouvait vraiment apporter la lumière sur le monde ? Là encore, tout dépendait des gens. Tout dépendait en fait de la personne usant de ces pouvoirs.

Et elle était certaine que Yatagarasu, maîtrisée et utilisée à bon escient, pouvait accomplir de grandes choses. Cependant, ce n’était pas à elle de juger de ça, et elle ne se sentait pas d’essayer. Comme elle le pensait, ce genre de pouvoirs étaient trop complexes pour l’être humain. Envisager de les utiliser, c’était se proclamer au-dessus des lois qui leur avaient donné naissance.

N’es-tu pas toi-même un de ces hommes tuant, comme tu le dis, pour des désirs égoïstes ? Penses-tu que chacun, en ce monde, souhaiterait voir ses problèmes réglés dans le sang et la violence ?

Les êtres humains étaient dotés d’une conscience. Jamais ils ne voudraient régler leurs conflits dans la violence, tant qu’ils possédaient une étincelle de lucidité en eux. Si c’était le cas, ce monde aurait été détruit depuis longtemps…

Certes, les victimes et leurs familles souffriront. Mais en tuant le meurtrier, n’est-ce pas faire de lui une victime ? Et leur famille, dans ce cas ? Doit-on les négliger, ne pas considérer qu’ils souffrent sous prétexte que leur fils, frère ou père a commis des erreurs ? N’est-ce pas là une injustice ? Injustice que vous cherchez à éviter.
Elle pensait sincèrement que personne ne méritait de souffrir. Et lui pensait que le sang et la violence seraient la base d’une paix durable. Mais la paix existait-elle vraiment lorsqu’elle reposait sur un lit de fleurs sanglantes ?

Que créerez-vous ? Lorsque tout le sang que vous souhaitez verser par vengeance sera répandu sur le sol, et teintera ce monde ? Vous espérez la paix ? Il y en aura toujours qui souhaiteront se venger de ce qu’ils prendront désormais pour une tyrannie. Que ferez-vous ? Les tuerez-vous, eux aussi ? Et au final, que restera-t-il, de votre paix, si vous souhaitez arranger tous les délits pas la violence ? Il ne restera qu’une terre désolée, couverte de sang, et entièrement vide. Il n’y aura plus que vous. Vous serez le roi de ces âmes qui, par-delà la mort, voudrons toujours vous hanter. Parce qu’avec votre violence, vous aurez attisé la souffrance et la haine de vos victimes. Et que leurs proches, cherchant à vous faire payer vos affronts dans la violence également, périront car jugés mauvais. Est-ce ça, la paix ? Une façon fleurie de nommer la tyrannie ?

Elle continuait, par moment, de scruter les alentours, au cas-où un événement suspect surviendrait. Il ne fallait pas qu’elle baisse sa garde pour autant. Yatagarasu devait être protégée. Et ce, même si elle comptait bien aller à son rythme durant le voyage pour la sceller.

J’ai bien peur qu’il n’existe pas de miracle pour nous, fit-elle tristement. S’il en existait un, je pense que la violence ne serait même plus quelque chose d’envisageable. Ce sont les Hommes qui doivent travailler pour réparer leurs erreurs et conquérir cette paix tant désirée. Mais s’ils le font dans la violence, cette paix aura-t-elle vraiment une quelconque valeur ?

En réalité, elle ne le savait pas elle-même. Mais une paix posée sur un lit de sang ne paraissait pas très stable, ni même durable. Comment parler de véritable paix, lorsque l’humanité ne se comprenait qu’en s’égorgeant les uns les autres ? Ils parlaient de paix, mais étaient incapables de communiquer entre eux. Ils ne faisaient que s’échanger des mots vides de sens à longueur de journée, sans même prendre le temps d’essayer de les comprendre…

Le monde me remerciera plus tard. Encore faut-il que j’arrive à réaliser cette lourde tâche et qu'il me reconnaisse. Assez parlé de moi, parles-moi de toi. Tes buts, tes idéaux, tes capacités en tant que mage.

Elle soupira. Le monde remerciera un meurtrier couvert du sang et des larmes de ses victimes. Le monde, s’il existait encore, après l’accomplissement d’un tel carnage, verserait à son tour toutes les larmes de cette humanité déchue, s’effondrant sur lui-même dans son incurable chagrin…

Eh bien, soupira-t-elle, je crois t’avoir déjà dit que je faisais partie de l’Ordre du Sanctuaire. Mon but est d’offrir la paix aux cœurs tourmentés. Afin que chacun trouve le bonheur qu’il souhaite, et ce, sans verser la moindre goutte de sang. Quant à mes capacités magiques…

Elle marqua une courte pause, hésitant un instant. Pas par méfiance, certes. Mais, par les esprits divins, qu’est-ce qu’elle détestait faire étalage de sa capacité à blesser les autres… Elle haïssait la violence, alors pourquoi accorder tant d’importance à la capacité qu’avait quelqu’un de répandre la souffrance et la douleur autour de lui ?

Je suis une mage spécialisée en invocations. Je n’aime pas me battre, alors je préfère ne pas avoir à lever la main sur d’éventuels agresseurs. Cela ne veut pas dire que je ne suis pas prête à me défendre. C’est juste que tant qu’il existe un autre moyen, je préfère éviter de me battre.

Elle ne lui posa même pas la question en retour. Elle ne voulait pas savoir de quoi cet homme était capable pour blesser les gens. Cela lui semblait... indécent.


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MessageSujet: Re: Rester sur ses gardes [PV. Kira]   Lun 8 Aoû - 20:34
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Pour avoir rencontré de mauvaises personnes tout au long de sa carrière dans l’unité d’assassinat et d’intervention, il savait pertinemment que les assassins ne changeaient pas. Que ce soit pour un désir personnel, ou par plaisir, ils restaient les mêmes. Ils n’étaient jamais satisfaits, voulant toujours plus, tuant encore et encore. Ils ne savaient rien faire d’autres, ils n’avaient pas d’autres buts, pas d’autres solutions. Pourtant, il existait des alternatives. Travailler, construire. Un tas d’options et pourtant, ils optaient pour l’irréparable. Ils enlevaient des vies, sans même penser aux autres et ils finissaient par mourir lamentablement. Au final, ils ne gagnaient rien. Ils ne profiteraient pas de la notion de victoire.

Vali von Einzbern n’était pas parfait. Lui aussi, ses mains étaient sales. Lui aussi, il reniait le moindre sentiment. Pourtant, il ne se considérait pas comme les autres. L’Homme se bat pour ses intérêts. Vali se bat pour le monde, pas pour lui. Il profitera de cette paix et de cette justice, certes, mais en aucun cas, un enfant devra abattre sa propre famille. Ce nouveau monde ne toléra pas ça. Aucun événement de la sorte n’existera. Le sourire de la fillette s’attristait. Ses paroles, sa façon de voir le monde l’avait touchée dans le mauvais sens. Elle ne semblait pas être d’accord avec le tueur à gage. Toutefois, elle ne comptait pas s’interposer ou lui imposer sa vision.

N’es-tu pas toi-même un de ces hommes tuant, comme tu le dis, pour des désirs égoïstes ? Penses-tu que chacun, en ce monde, souhaiterait voir ses problèmes réglés dans le sang et la violence ?

Un désir égoïste. Etait-ce mal de vouloir sauver le monde ? De punir les « méchants » afin de récompenser les « gentils » ? La violence était à l’heure actuelle la seule solution. Une grande majorité de la population vivait avec la magie. Une énergie capable de tout donner, mais également de tout détruire. Tout était plus simple avec la magie. L’Homme n’était pas diplomate, les paroles ne lui suffisaient guère. Rares étaient les personnes dont les dires touchaient les autres. Kira faisait certainement partie de ces personnes.

Certes, les victimes et leurs familles souffriront. Mais en tuant le meurtrier, n’est-ce pas faire de lui une victime ? Et leur famille, dans ce cas ? Doit-on les négliger, ne pas considérer qu’ils souffrent sous prétexte que leur fils, frère ou père a commis des erreurs ? N’est-ce pas là une injustice ? Injustice que vous cherchez à éviter.

Tuer le meurtrier. Voilà la justice. Ce n’était rien de plus que sa peine, sa punition. Une sanction, égale à la gravité de ses actes. Quant à la famille de l’assassin, si celle-ci était un minimum pur, elle comprendrait. Elle saurait qu’elle a engendré un monstre, elle saurait que c’était nécessaire de mettre fin à ses jours. Si dans le cas contraire, elle cherchait à se venger, alors elle était semblable à leur proche décédé et il fallait donc la détruire. Vali agissait de la sorte. Il avait déjà eu affaire à des vengeurs, des gens attristés par la mort de leur monstre de foire. Défigurés par la haine, ils étaient capables du pire. Ainsi, ils dévoilaient leur vrai visage.

Que créerez-vous ? Lorsque tout le sang que vous souhaitez verser par vengeance sera répandu sur le sol, et teintera ce monde ? Vous espérez la paix ? Il y en aura toujours qui souhaiteront se venger de ce qu’ils prendront désormais pour une tyrannie. Que ferez-vous ? Les tuerez-vous, eux aussi ? Et au final, que restera-t-il, de votre paix, si vous souhaitez arranger tous les délits pas la violence ? Il ne restera qu’une terre désolée, couverte de sang, et entièrement vide. Il n’y aura plus que vous. Vous serez le roi de ces âmes qui, par-delà la mort, voudrons toujours vous hanter. Parce qu’avec votre violence, vous aurez attisé la souffrance et la haine de vos victimes. Et que leurs proches, cherchant à vous faire payer vos affronts dans la violence également, périront car jugés mauvais. Est-ce ça, la paix ? Une façon fleurie de nommer la tyrannie ?

▬ Heureusement pour nous, le monde n’est pas rempli de monstres dans sa totalité. Ils restent une minorité. Des personnes censées et pures existent. Je ne me réjouis pas du malheur des autres. Je tue, point final. Je ne regrette aucun de mes actes, je continue d’avancer. La vengeance n’est pas un noble sentiment. S’ils éprouvent un tel sentiment, au point de tuer, ils doivent être éliminés.

Quand le monde serait purgé, il resterait des gens contrairement à ce que la fillette pensait. Vali n’était pas un tyran, ce n’était pas un meneur. Le pouvoir, l’argent. Rien de tout ça ne l’intéressait. Il voulait pouvoir vivre avec sa femme tranquillement.

J’ai bien peur qu’il n’existe pas de miracle pour nous, avoua-t-elle, S’il en existait un, je pense que la violence ne serait même plus quelque chose d’envisageable. Ce sont les Hommes qui doivent travailler pour réparer leurs erreurs et conquérir cette paix tant désirée. Mais s’ils le font dans la violence, cette paix aura-t-elle vraiment une quelconque valeur ?

▬ L’Homme est stupide. Il se contente de la violence et seulement de celle-ci. Je ne fais qu’appliquer ses règles afin de lui nuire. Conclut-il.

Vali se retourna, apercevant un homme suspect. Un sans-abri les regardait, du mépris dans les yeux. Il se tenait debout, à une dizaine de mètres des deux protagonistes. Qu’attendait-il ? Peut-être de l’argent ou de la nourriture. Le tueur à gage n’avait pas le temps pour faire le bénévole. Qu’en était-il de la jeune fille ? Il n’en savait rien. Elle ne l’avait sans doute même pas remarqué. Vali regarda fixement Kira, un œil tourné vers l’inconnu, toujours fixe, se dissimulant dans la foule.

Eh bien, soupira-t-elle, je crois t’avoir déjà dit que je faisais partie de l’Ordre du Sanctuaire. Mon but est d’offrir la paix aux cœurs tourmentés. Afin que chacun trouve le bonheur qu’il souhaite, et ce, sans verser la moindre goutte de sang. Quant à mes capacités magiques…

Elle semblait hésiter à lui parler des pouvoirs. C’était normal, Vali les dissimulait également. Par prudence et par stratégie.

Je suis une mage spécialisée en invocations. Je n’aime pas me battre, alors je préfère ne pas avoir à lever la main sur d’éventuels agresseurs. Cela ne veut pas dire que je ne suis pas prête à me défendre. C’est juste que tant qu’il existe un autre moyen, je préfère éviter de me battre.

Intéressant. Une invocatrice. Il aurait aimé la voir à l’œuvre. Cependant, ce ne serait pas le cas. Comme il le pensait, cette fillette était pacifiste, elle ne cherchait pas l’adversité. Tant mieux. Vali ne voulait pas l’affronter et il ne souhaitait qu’elle ait un quelconque problème. Pourquoi ? Il n’en savait rien. Kira était une personne très intéressante et gentille. Elle ne méritait pas de se faire attaquer.

Un courant d’air ? Non, un geste brusque. Vali se retourna, se saisissant d’un membre. Il s’agissait d’un poing. Une attaque surprise, voilà ce qu’il en était. Le coupable se dissimulait derrière une capuche, mais Vali reconnaissait le sans-abri. Celui-ci les épiait depuis le début et attendait un moment propice. Une occasion de les dépouiller certainement. La haine se lisait dans son regard. A en voir sa corpulence, cela faisait déjà quelques temps qu’il n’avait rien mangé. Une longue barbe blanchâtre, des trous dans ses vêtements. Il n’avait pas la vie facile. Enfin, assez simple pour être muni d’un couteau dans la main gauche. Une arme blanche, qui s’abattait progressivement sur Vali. Heureusement pour lui, il le poussa suffisamment fort pour que celui-ci tombe jusqu’à la ruelle un peu plus loin. A croire qu’il ne tenait pas sur ses jambes ou alors qu’il était léger comme une plume. Le couteau tomba au sol. S’il l’avait touché, il aurait pu aisément lui lacérer une partie du corps. Qui sait, peut-être qu’il y avait du poison.

Vali lui asséna un coup de pied, plutôt violent. Car oui, il ne plaisantait pas avec ce genre de choses. Le sans-abri essayait de se défendre comme il le pouvait, s’étant relevé. Des coups de poings, de genoux. Le tueur à gage esquivait la plupart des coups. Mais l’inconnu était tenace. Il ne voulait rien lâcher. Ce combat ne menait à rien. Il était déterminé à les agresser et à les voler. Vali n’avait plus le choix. Sa main se précipita sur l’étui de son arme et la dégaina le plus rapidement possible.

Plus aucune émotion. La terreur et la surprise se lisait sur le visage du sans-abri. Le coup partit, le cadavre tombant au sol, se vidant peu à peu de son sang.

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